Depuis sa création en 1946 par Jacques Catineau,  deux principes fondent la réputation du Prix du Quai des Orfèvres : la qualité et l’indépendance de ses jurés.

 

Sous l’autorité du directeur en exercice  de la Police judiciaire, le Jury –au nombre de 22 !- réunit et mobilise de hauts magistrats, de grands policiers qualifiés, les anciens directeurs du « 36 », des avocats et des journalistes à la notoriété et à l’indépendance reconnues.

 

Dans les locaux encore habités par le personnage de Maigret, ces personnalités se prononcent sur une sélection de manuscrits anonymes.  Ignorant l’identité comme la fonction des auteurs, leur choix ne considère que  l’intérêt du texte soumis à leur appréciation, dans le respect des procédures et des vraisemblances policières, scientifiques ou judiciaires.

 

Dans le milieu de l’édition, cette singularité  donne aux candidats toute garantie et toutes leurs chances, même s’ils ne font pas partie du sérail littéraire. La permanence de ces usages explique la confiance des lecteurs et le succès commercial de cette institution. L’ouvrage est publié par les éditions Fayard avec un tirage minimum de 50 000 exemplaires.

 

Des acteurs célèbres ont pris l’habitude de parrainer chaque millésime. Après Vincent Perez, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon et Jean Réno, le Prix 2012 sera remis en novembre 2011 par Patrick Bruel.

 

Ces gages de sérieux et de compétence n’oublient pas qu’un prix littéraire distingue d’abord un roman écrit pour le plaisir du lecteur. Cette fidélité et cette passion renvoient au Balzac d’Une ténébreuse affaire : «  la Police, comme les jésuites, ont la vertu de ne jamais abandonner ni leurs ennemis ni leurs… amis ».

 

Ne différons pas ce plaisir, à la manière de Pierre Dac : « si active qu’elle soit, la police ne parviendra jamais à arrêter le temps qui s’enfuit… » !